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En lice pour le Prix du 1er Roman de Draveil

Brigitte Lajonie- Auto -Edition AMAZON

Extrait du livre:

Février 1994. Le jour déclinait rapidement en cette fin d’après-midi de février. Le clair-obscur enveloppait la ville comme un voile soyeux. Quelques lumières brillaient déjà. La nuit ne tarderait pas à tomber. La jeune femme était toujours au même endroit. Le temps semblait n’avoir aucune prise sur elle. Elle laissait passer les heures, assise à même le sol, le dos calé au mur, sans bouger, sans parler, totalement absorbée par sa lecture. Il lui arrivait de lever des yeux inquiets lorsque le tintement de la porte d’entrée résonnait dans le silence quasi religieux du lieu. Elle se repliait encore plus, comme si elle voulait se fondre totalement dans le décor afin que sa présence passe totalement inaperçue. Ernest lui aurait bien proposé de s’installer sur l’un des vieux fauteuils élimés, encore confortables au demeurant, qui traînaient çà et là, mais elle paraissait si inaccessible, si seule. L’endroit avait l’air de lui plaire. Il y régnait une chaleur douce et enveloppante qui atténuait l’air vif et glacial d’un hiver londonien qui semblait ne jamais vouloir finir. Au début, il ne lui avait pas vraiment prêté attention. Les gens venaient dans sa boutique souvent par curiosité, certains par amour des livres, de la belle littérature intemporelle. Ils s’installaient sur les vieux fauteuils, pour découvrir le dernier roman sorti ou relire quelques pages d’une ancienne édition qui émergeait à leur souvenir. Par la suite, il s’était étonné de sa présence quotidienne, depuis presque deux semaines. Discrètement, il lui arrivait de se tordre le cou pour l’observer à son insu derrière son vieux bureau en chêne sombre qui lui servait de caisse, mais jamais il ne s’était risqué à l’interpeller de peur peut-être de la voir fuir. Il l’observait par-dessus ses lunettes. Elle était jolie. Pas très grande ! Tout au plus un mètre soixante-cinq, plutôt mince. Quel âge pouvait-elle avoir ? D’où venait-elle ? Il ne l’avait jamais vue auparavant. Elle aiguisait sa curiosité de vieil homme solitaire. Peut-être travaillait-elle de nuit ? De longs cheveux blonds où brillaient quelques mèches vénitiennes lui tombaient jusqu’aux reins. Lorsqu’elle relevait de sa main fine une mèche tombante il pouvait apercevoir le gris vert de ses yeux. Quelquefois leurs regards se croisaient. Aujourd’hui il s’était même risqué à lui sourire. Elle avait aussitôt baissé les yeux. Après tout elle ne le dérangeait pas, il avait l’habitude que des passionnés viennent faire une parenthèse, au calme, dans sa librairie. Avec le temps, ce book-store à la devanture vert foncé avait fini par lui ressembler… atypique, complètement en décalage avec la vie trépidante de Londres, un décor que l’on imaginerait aujourd’hui tout droit sorti d’un film de Harry Potter, où régnait une odeur rassurante mêlée de bois et de papier. Des rangées de livres du sol au plafond, une variété d’ouvrages époustouflante dont lui seul connaissait l’emplacement. Le tout Londres le connaissait. Si vous recherchiez un ouvrage, un titre, un auteur, c’était au « Attic Books» qu’il fallait venir. Ernest était, à lui seul, une encyclopédie vivante, riche de culture, de voyages et d’histoire. Au fil des années, il avait fait de ce lieu un véritable musée des lettres, regorgeant de rares trésors pour les amoureux de la langue de Shakespeare. À première vue aucun classement particulier, mais il était capable de vous dénicher parmi tous ces livres, l’œuvre que vous recherchiez. Il aurait été bien mal aisé de déterminer la surface de ce temple dédié aux mots. C’était un labyrinthe de petites pièces, délimitées par des murs de livres et de belles poutres de bois sombre, où livres neufs et d’occasion s’entremêlaient dans de longs monologues. Pièces de théâtre, comédies, romans policiers, épopées historiques, intrigues, histoires d’amour ou biographies, tous les genres littéraires se côtoyaient. Des échelles de bois coulissantes permettaient d’accéder aux ouvrages des niveaux supérieurs. Dans un recoin, on pouvait apercevoir un piano qui avait appartenu à sa femme et qu’il mettait un point d’honneur à accorder chaque début d’année. Une vieille machine à écrire traînait sur un bureau encombré, escortée de quelques crayons et carnets, destinés à qui souhaitait prendre des notes. Un lieu magique, hors du temps, où flottait un parfum d’antan, où le temps semblait s’être arrêté, où le respect des auteurs était le maître mot. Ernest était chez lui, souverain en son royaume. Au fil des jours, il s’était habitué à sa présence et se surprenait à l’attendre… Il regardait impatient sa vieille horloge en bronze… Et si elle ne venait pas aujourd’hui ? « Stupide bonhomme, te voilà en train de divaguer… ce n’est qu’une enfant ! La solitude te pèse-t-elle à ce point ? se dit-il. Tu te fais vieux ! Ou trop curieux peut-être ! Allons, allons reprends-toi Ernest ! » Contre toute attente, cette présence silencieuse venait bousculer sa routine, son quotidien solitaire. Le tintement du carillon de la porte le fit sourire. Il jeta un coup d’œil au cadran : quatorze heures ! Pile à l’heure ! Il aimait les gens ponctuels… Décidément, cette jeune femme lui plaisait vraiment ! L’air vif hivernal s’engouffra lorsque la porte s’ouvrit laissant un soupçon de parfum dans le sillage de la jeune femme. Elle le salua d’un léger mouvement de tête, et se dirigea sans bruit vers une petite alcôve où elle se réfugiait depuis le premier jour. Elle rechercha en vain le livre qu’elle avait commencé la veille. Un client avait dû l’acheter le matin. Embarrassée, elle risqua un regard vers le vieil homme… Ce dernier à sa grande surprise, semblait s’amuser de la situation. Un sourire malicieux sur les lèvres, les sourcils levés, il lui fit signe de s’approcher.

- Est-ce ce livre que vous cherchez Mademoiselle ? lui dit le libraire en lui tendant un manuscrit à la couverture bleu roi… Très bon choix ! Mais vous allez être déçue… vous ne connaîtrez pas la fin. En effet l’auteure ne l’a jamais écrit, ou tout du moins si elle l’a fait, car c’est une femme, le dernier volet de cette trilogie celte n’a jamais été publié. Je vous ai mis de côté le second tome au cas où vous passeriez encore un peu de temps avec nous, rajouta-t-il, un sourire dans les yeux.

- Je vous remercie, répondit-elle avec un léger accent.

- Je vous en prie ! Il me semble que vous seriez mieux installée dans ce fauteuil que je vous ai avancé. Il n’est plus très jeune, comme moi d’ailleurs ! Mais vous verrez, vous vous y sentirez bien. Je vous souhaite un bon moment, Mademoiselle. Avec un sourire timide, elle le remercia. Elle n’était donc pas anglaise ! Française, certainement ! Il aurait pu y penser au regard de l’édition qu’elle avait choisie ! Mais dans un premier temps il avait songé à une étudiante. Ne dit-on pas que le meilleur moyen de se familiariser avec une langue étrangère est de la lire ? En entendant sa voix, son cœur s’était mis à battre plus fort dans sa poitrine… Il aurait reconnu entre mille cet accent si cher à son cœur. Sa défunte épouse était originaire de l’autre rive du Channel. II y avait si longtemps…

Retour de chronique :

Le commentaire de Carole : COUP DE COEUR!

Une histoire magnifique, qui nous fait découvrir la vie d'Émilie qui au premier abord nous semble bien ordinaire, mais qui cache des moments qui ne laissent pas indifférents. J'apprécie au plus au point ce style d'écriture dont les mots s'imbriquent l’un dans l'autre, qui rend l'histoire véridique et captivante. L'auteur a une plume fluide, plaisante et nous suivons le fil de l'histoire comme une ballade au printemps. Émilie a 20 ans, elle a fui la France pour se retrouver à Londres, la chance lui a souri elle a rencontré Ernest, un vieux libraire sympathique, qui l'a prise en charge. Tout de suite, nous sommes transportés 20 ans plus tard, Émilie a hérité de la librairie, elle est marié à John et ont une fille de 13 ans prénommée Mallorie. Par ailleurs, nous allons connaître Léo, jeune stagiaire qui va passer 14 semaines dans la famille d'Émilie. Une belle synergie s'installe avec Émilie ainsi qu’avec Brian qui travaille à la librairie, une complicité hors pair avec Mallorie, quant à John, il apprécie la présence d'un autre homme à la maison. Léo, est ravi, il a l'impression d'avoir une deuxième famille, tellement il se sent bien. Jusqu'ici, l'histoire vous semble simple, mais attention l'intrigue s'installe et vous allez tomber sous le charme de ce roman. Il y a un sentiment ambigu qui va s'installer au fond du cœur d’Émilie, envers Léo. Elle en est bouleversée, elle ne veut pas être cataloguée de Cougar, mais elle sait que ce n'est pas un sentiment charnel, c'est quelque chose qu'elle ne peut décrire. Son amie Sarah, à qui elle se dévoile un peu, va lui conseiller un thérapeute qui va l'aider à trouver la lumière face à cette situation. Le développement se passe rapidement et il n'était pas question de mettre le livre de côté pour faire autre chose. Une fin bien équilibrée, qui m'a émue, mais mes larmes n'étaient pas en papier.

http://lesmilleetunlivreslm.over-blog.com/2020/07/des-larmes-de-papier-brigitte-lajonie-auto-edition-par-carole-emery.html

ARTICLE sur https://www.bergerac.fr/des-larmes-de-papier-le-premier-roman-de-la-bergeracoise-brigitte-lajonie/

Des Larmes de Papier est disponible sur BERGERAC (24)

- La Colline aux Livres,

- au Tabac-Presse du Faubourg de la Madeleine,

Et sur Amazon et Kindle. Le tarif est de 15 euros.

Brigitte Lajonie s’apprête aussi à arpenter les salons du livre pour faire la promotion de son ouvrage et sera présente au salon du livre de Buzet sur Baïse (47).

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