Joël Roy est auteur et conférencier. Il participe également au magazine Mitaraka, une revue amazonienne dédiée à l’art.

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Prix Maisons Rouges créé à l'initiative de Frédéric Beigbeder et Frédéric Schiffter ....et Le jury a d'ores et déjà présélectionné l'ouvrage " Je devrai te tuer " de Joël Roy. Contente de voir un de "mes" auteurs sélectionné. Félicitations à lui

Éditions Orphie -

EXTRAIT du livre :

''Sammy J’avais peut-être dix ans, alors, je n’étais qu’un enfant, un pikin nengre… Je n’avais jamais vu mon père pleurer, et la scène m’a marqué au point que je la revois toujours. Il essaie de sourire, mais je vois bien que son cœur n’est pas d’accord pour cela. Son menton tremble un peu, et ses quelques mots de français ne lui suffisent pas pour me recommander à Daniel. Moi, je sais ce qu’il voudrait lui dire. Il voudrait lui demander de ne pas m’emmener, pas si loin, en tout cas. Et pas si longtemps. S’il essayait encore un peu, il lui ferait comprendre qu’un enfant de la forêt, comme moi, ça n’est pas fait pour vivre en métropole, et qu’en tout cas, lui ne pourra pas s’y rendre pour venir me voir ; il lui dirait cela et bien d’autres choses encore. À un moment, il risque même une métaphore étrange : « chacun de mes enfants, c’est comme un de mes bras ». J’éclate de rire face à mon papa et je dis : « mais tu n’as que deux bras ! ». Effectivement, nous sommes huit frères et sœurs, neuf si l’on compte ma grande sœur Nashly qui, à dix-huit ans, est partie au Suriname vivre avec la maman de notre maman. Mon père me regarde, stupéfait et… un peu agacé. Chez nous, les enfants parlent aux parents pour leur demander quelque chose ou pour répondre à une question. La parole ne peut pas être utilisée sans vraie raison, contrairement à l’usage qu’en font souvent les Blancs qui sont comme de petits perroquets qui emplissent l’air de leurs criailleries inutiles. J’ai quand même réussi mon effet : Daniel éclate de rire, imité par mes petits frères et sœurs qui n’ont rien compris. Mon père se détend, je crois bien qu’il apprécie la complicité qui nous lie, mon prof d’école et moi.'' « Bon, l’avion ne va pas nous attendre. Il y a trois heures de route. On y va ? ». Voilà bien les mots que je redoutais d’entendre. Jusque-là, je n’y ai pas réellement cru, même lorsque Daniel m’a amené chez le docteur pour me faire vacciner. Je jouais à penser que j’allais partir, pour un voyage auquel peu d’enfants de l’école pouvaient prétendre, sauf quelques petits Métros. Ceux-là, Blancs enfants de Blancs, venaient à l’école quelques mois, parfois un an ou deux, puis un jour on ne les voyait plus. D’autres arrivaient bientôt. Alors on ne se parlait pas trop. « Sammy, tu dis au revoir à ton papa, à ta maman, à tes frères et sœurs ? ».

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C’est un vrai coup de cœur, un excellent roman d’anticipation car tout à fait plausible et d’actualité. L’auteur raconte les vaines luttes des écologistes contre l’exploitation pétrolière et le projet Montagne d’or. La Guyane est florissante mais cette manne financière a renforcé les inégalités entre les classes sociales. La vision et l’analyse des problématiques Guyanaises de l’auteur sont assez crédibles. L'exploitation massive des richesses naturelles, l'interculturalité, l'environnement...des thèmes qui font résonance en Guyane aujourd'hui.

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https://la1ere.francetvinfo.fr/guyane/cayenne-moscou-joel-roy-roman-anticipation-qui-cadre-guyane-2030-695012.html

BLOG de l'auteur : https://www.un-temoin-en-guyane.com/

FB: https://www.facebook.com/guyanela1ere/posts/2662843327065962

Lien: https://www.youtube.com/watch?v=GiDHT39kKB0

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EXTRAIT:

''S’étalant au bord du fleuve, voici enfin Oiapoque avec ses ruelles donnant à angle droit sur de larges avenues non goudronnées serties de nids de poule d’autant plus traîtres, qu’étant emplis d’eau boueuse, ils sont invisibles. Les maisons de bois ou de béton présentent toutes une peinture défraîchie par les moisissures qui grisaillent tout. Le vert palot, le rose sucré ou le bleu pastel des murs semblent inexorablement gagnés par ces moisissures. Sortis du véhicule qui les a laissés au débarcadère et arpentant la rue principale longeant le fleuve, Mimeón et Toninho avaient provisoirement abandonné leurs compagnons de route pour tuer le temps en attendant la pirogue qui devait passer les prendre vers midi. Tous leurs compagnons de route avaient également laissé leurs bagages en dépôt dans un de ces commerces bon marché, d’où s’échappait sans cesse une musique assortie au standing de ce type de magasin. Comme partout. Partout, ce déluge sonore surgissant de la moindre ouverture, porte ou fenêtre ouverte, comme une présence fantôme pendant les heures les plus chaudes de la journée. À ces moments-là, seul celui qui venait d’autre part se voyait arpenter les rues désertes. Il aurait pu se croire isolé, spectre d’une cité hantée, si l’impression de solitude ne s’était trouvée balayée par un bombardement kaléidoscopique de tout ce qui peut se chanter, se hurler, se danser ou se chalouper. Le magasin en question appartenait, pour le coup, à un frère du piroguier.

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''Une crique est l’appellation donnée, sur le plateau des Guyanes, à un ruisseau ou une rivière. Les criques en questions étant très aurifères, pas moins de quinze mille orpailleurs, brésiliens pour la plupart, ont laissé leurs favelas et leur misère endémique pour tenter le rêve de venir traquer illégalement l’or des criques en Guyane. Toninho, le héros malheureux de ce roman, ne fait pas exception à la règle. Il part pour l’Eldorado guyanais, muni seulement d’un vêtement de rechange et d’un lecteur MP3 sur lequel il écoute Wagner.''

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Merci à Martine Lévesque pour ce retour de chronique :

Joël Roy a une plume qui est engagée, il aime créer des histoires qui se passent aux cœurs d’un pays où il s’est implanté depuis quelques années. Il est un bon communicateur et il trace des portraits sociologiques qui sont très intéressants, les inégalités, les manquements, et les répercussions sur les descendants des esclaves, il nous raconte la vie des “gens du fleuve”.

http://lesmilleetunlivreslm.over-blog.com/2019/10/je-devrai-te-tuer-joel-roy-orphie-edition-par-martine-levesque.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Courage à cet auteur victime d'une grave agression https://franceguyane.fr/actualite/faitsdivers/l-auteur-joel-roy-cambriole-ca-finira-dans-un-roman-459664.php

L’écrivain et militant associatif installé à Mana, a été victime d’un cambriolage avec séquestration à son domicile, qu’il partage avec son propriétaire, lundi 14 octobre au soir. Encore très choqué, il tente de comprendre ce qui est arrivé. Vingt heures trente a sonné quand Joël Roy descend de sa voiture devant son domicile de Mana, ce lundi 14 octobre. De retour d’un congrès à Brasilia (Brésil), il ne se doute pas que quatre individus armés, encagoulés et gantés séquestrent déjà son propriétaire et l’attendent. Des agresseurs qui repartiront notamment avec l’ordinateur de l’écrivain, lui laissant en retour de nombreuses questions. « Tais toi, tu vas mourir ! » Douze jours après, Joël Roy est encore interloqué....

à lire l'article sur le blog de Joël Roy: Un témoin en Guyane : https://www.un-temoin-en-guyane.com/20-heures-30-ce-lundi-soir-la-suite-1?fbclid=IwAR2mm0g5SRFeMM_XWFNin4rBdXMzsXD5txPJQChNAOdCRAEvcVZHEs4Np7A#.XbSM1pGCbpI.facebook